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Publié : 8 juin

Un midi avec HK : penser encore !

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Le 3 juin, le chanteur HK, alias Hadadi Kaddour, est venu rencontrer lycéens et enseignants le temps d’un Midi de Senghor qui a joué les prolongations en chansons.

Dans un premier temps, ce saltimbanque « citoyen du monde » s’est prêté au jeu des questions pour nous ouvrir les coulisses d’une création métissée. Elle se décline en effet au gré d’airs nomades, empruntant au reggae, aux musiques de l’est, aux rythmes kabyles, mais elle jette également des ponts entre les arts, comme le cinéma, pour faire vibrer dans le documentaire J’ai marché jusqu’à vous de Rachid Oujdi la corde sensible du spectateur, ou pour augmenter sa puissance de frappe grâce à la construction du clip en langue des signes par exemple.

HK répond aux questions des élèves présents

HK a toujours un pied également au théâtre, ses textes sont guidés par une certaine dramaturgie et par l’art de montrer en mettant en situation. Une de ses dernières chansons, La fin du moi, le début du nous, a même donné lieu à une pièce du même nom. Au cours de la rencontre, HK a pu ainsi fournir la preuve de ce sens aigu de la dramaturgie par l’exemple. Veut-il donner une idée du sain esprit de débat qui anime son groupe, HK et les Saltimbanks ? Il pose d’abord le cadre en choisissant le huis-clos du camion qui emmènera bientôt la troupe en tournées, dramatise la rencontre en rappelant que les esprits seront d’autant plus aiguisés qu’ils ont été privés d’occasions d’en découdre, confinement oblige. Et l’on imagine déjà d’homériques luttes dans le caisson étouffé. C’est dire que le public a été sensibilisé à un art du rassemblement, enrichi de ses différentes influences, de ses croisements avec d’autres arts, et qui emprunte la voie du sourire pour mieux se communiquer.

C’est aussi une certaine éthique de l’engagement que le public a pu apprécier : en termes simples, au fil d’anecdotes personnelles, HK cultive une humilité qu’il revendique, il se méfie des gens trop brillants qui aveuglent au lieu de guider. Ce n’est donc pas un hasard s’il a choisi comme figure tutélaire « une belle personne » selon ses propres mots, Stéphane Hessel, diplomate de haut vol dont les airs bonhommes et la modestie sont une invitation à prendre le flambeau des droits de l’homme –de l’humain, dit HK-. Et si l’on demande à HK quelle cause il souhaite aujourd’hui défendre, l’artiste pointe la condition même de l’artiste : à l’heure du déconfinement, comment va-t-il pouvoir reprendre son rôle essentiel ?

Les élèves de la spécialité théâtre ont proposé à la fin de l’échange une belle et profonde mise en scène d’un autre diplomate, Léon l’Africain, à partir du texte de Wajdi Mouawad. La parabole de l’oiseau-amphibie se fait leçon de tolérance en donnant le goût de l’autre. La version chorale en était la vivante expression : elle orchestrait le partage vivace de paroles ailées. Et HK a fait écho en citant un autre chantre de la tolérance, Nelson Mandela.

Le second temps de la rencontre a permis d’illustrer le propos en chansons et de rassembler nombre de spectateurs le temps d’un mini-concert dans le théâtre de verdure. HK a interprété quatre de ses titres, en commençant par Dounia, chant digne et doux d’une résistance en terre africaine. Il a enchaîné avec Indignez-vous, chanson hommage à Stéphane Hessel, sans doute présent « du haut de son étoile ». Puis, clou du spectacle, HK, venu sans ses musiciens, s’est fait accompagner par les membres du club musique du lycée pour les deux derniers titres ! On a ainsi pu entendre la chanson qui donne la bande-son de J’ai marché jusqu’à vous, et celle qui est devenue une sorte d’hymne du déconfinement, Danser encore. Nos musiciens se sont montrés à la hauteur pour embraser notre petit théâtre de verdure et animer les gradins, bravo à eux, et à leur complice, HK !

Hk et le club musique du lycée